note conjoncturelle — Crise, économie & patrimoine

Crise de la Covid 19 et Patrimoine,
L’après 11 mai 2020

Crise de la Covid 19 et Patrimoine, L’après 11 mai 2020
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Entretien avec Christophe FEDRIGHI, Directeur Général d'Obsitas

Christophe FEDRIGHI, comment analysez vous la crise actuelle ?

La crise sanitaire, économique et financière que nous vivons se distingue de la crise de 2008 par sa soudaineté, son ampleur et surtout, par sa singularité. Nous assistons pour la première fois, dans l’histoire des faits économiques et sociaux, à la mise à l’arrêt simultanée de la production, des échanges et des voyages dans pratiquement tous les grands pays. Depuis la mi-mars, la France est complètement anesthésiée et la perte de revenu national sera considérable. Certes, elle sera absorbée par la hausse du déficit public, mais une part non négligeable de cette perte sera supportée par les entreprises

Faut-il s'attendre le 11 mai à une reprise ?

Il faut être réaliste, la reprise ne se fera qu’au rythme du déconfinement. Elle sera lente, difficile et progressive. La récession s’annonce d’ores et déjà comme inéluctable et historique:

  • En France, le Produit Intérieur Brut (PIB) en volume a enregistré pour le seul premier trimestre 2020 une baisse de 5,8 %, soit la plus forte baisse trimestrielle enregistrée pour la France depuis 1949, date de création par INSEE de cet indice trimestriel.
  • En Allemagne le PIB sur la même période s’est effondré de 5.2%


Cette forte baisse conjoncturelle de l’activité, enregistrée après seulement 20 jours de confinement sur le premier trimestre, laisse présager une chute vertigineuse sur le second trimestre. Le plan de soutien voté fin mars sera insuffisant s’il n’est pas accompagné d’un large plan de relance.

Quelles répercussions sur les ménages ?

L’un des ressorts de la reprise reposera sur le comportement des ménages en sortie de déconfinement.

Le confinement à mis un frein brutal à la consommation. En contrepartie, pour les catégories socio-professionnelles qui n’ont pas été fortement affectées par la crise, il a induit une augmentation du taux d’épargne. Les dépôts bancaires se sont élevés à 19.6 milliard d’euros sur le mois de mars contre 5.9 milliards d’euros pour un mois normal !

Nul doute qu’après le sentiment de frustration provoqué par le confinement, une part de cette épargne retournera à la consommation, mais comme au lendemain de chaque crise, l’autre part de cette épargne sera patrimonialisée.

Dans ce contexte historique quelle stratégie de placement adopter ?

Les plus joueurs vous diront qu’il faut entrer dans le marché boursier quand il est au plus bas … Ce n’est pas faux, mais pour quelle quote-part de son capital et pour quel niveau de prise de risque ?

Aujourd’hui, les incertitudes des marchés et le bon sens nous invitent plus raisonnablement à réorienter notre épargne vers des solutions patrimoniales plus rentables, plus sécurisées et décorrélés des marchés financiers fortement ébranlés par la crise.

Vous pensez à des actifs comme l'or ou l'assurance vie ?

Depuis la crise de 2008 le marché a changé et les valeurs sûres d’hier ne sont plus celles d’aujourd’hui :

  • Le cours de l’or a tendance à s’apprécier lorsque la valeur des actifs financiers chute. Pendant la crise de 2008, il s’était envolé, jusqu’à atteindre un niveau historique en 2012. Il est toutefois assez volatile et contrairement à ce que chacun pensait, depuis le début de la crise du COVID 19, il s’est replié de plus de 12% en moins d’un mois !
  • Pour ce qui concerne l’assurance vie, depuis plusieurs années les taux de rendement des contrats en euros baissent et sont artificiellement gonflés par les rendements de quelques anciens actifs financiers en stock dans les portefeuilles des gestionnaires.


Les
taux d’intérêt négatifs des marchés financiers posent de nos jours des problèmes aux compagnies d’assurance dans la gestion des fonds. Elles ont de plus en plus de difficultés à garantir le capital sur les contrats en euros. On peut observer qu’elles sont de plus en plus nombreuses à limiter l’accès à leur fonds en euros en contraignant les épargnants à investir un minimum en unités de compte, avec les risques de dépréciation que cette contrainte comporte en période de crise.

Et l'immobilier ?

L’immobilier est depuis toujours l’actif patrimonial préféré des français. Il représente plus de 60% de leur patrimoine brut, contre 20% pour les actifs financiers.

L’immobilier de rendement a toujours été considéré, à juste titre, comme un rempart contre l’inflation, une valeur refuge et un actif de référence offrant sécurité et pérennité a défaut de liquidité immédiate.

En cette période complexe où les taux de rendement de l’épargne financière sont au plus bas, les actifs immobiliers se situent désormais sur le haut du panier avec d’excellents taux de rendements nets.

Mais une observation attentive du marché de l’immobilier est de rigueur pour ne pas commettre d’erreur, car certains secteurs comme la location saisonnière, l’immobilier de tourisme ou l’immobilier d’affaires ont été fortement impactés par les mesures de confinement. L’année 2020 sera à n’en pas douter très préoccupante sur ces secteurs.

La prudence doit donc être de mise et nous conseillons à nos clients l’attente d’une reprise durable pour procéder à des arbitrages ou pour investir sur ces segments de marchés.

Dans ce contexte quel est votre conseil ?

Investir sur le marché de l’immobilier d’habitation en location nue ou meublée !

Ce marché entièrement sécure offre le double avantage d’être un marché porteur, encadré et soutenu par l’Etat :

  • La Demande locative est et sera durablement supérieure à l’Offre,
  • Avec l’encadrement par la Loi SRU, la Loi Alur et l’évolution des normes constructives, l’immobilier d’habitation a trouvé un cadre qualitatif, normalisé et sécurisé,
  • Avec le soutien de l’État et les différentes aide fiscale à l’investissement, l’immobilier d’habitation est l’actif patrimonial qui présente le meilleur ratio Performance/Risque.


Autant de facteurs qui font du marché de l’immobilier d’habitation un marché pérenne et dynamique pour de nombreuses années, pour peu que l’on en maitrise les clés juridiques, financières, fiscales et techniques.

Pour conclure, d'où vient votre passion pour l'immobilier ?

Comme beaucoup de français, j’ai toujours considéré que l’immobilier était un actif indispensable à toute stratégie patrimoniale. C’est à la fois un actif de capitalisation et de prévoyance qui permet de répondre de manière cumulative à différents objectifs patrimoniaux :

  • Se constituer un patrimoine transmissible,
  • S’assurer des rentes indexées pour sa retraite,
  • Générer des revenus non imposables,
  • Défiscaliser son Impôt sur le Revenu (I.R) ou son Impôt sur les sociétés (I.S),
  • Protéger sa famille.

De surcroit à l’heure les taux de crédit sont très bas, c’est le seul et unique actif constitutif par emprunt qui permet de « se créer de la richesse sans en avoir ». Autant d’atouts cumulés qu’aucun autre actif patrimonial ne possède.

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